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11Oct/134

Adtrap, la fin de l’internet gratuit

Le logo d'Adtrap

Adtrap : un danger pour les éditeurs

Adtrap est une solution matérielle (un boitier) pour supprimer la publicité lors de sa navigation. Comme en écho à notre précédent article (ndlr : comment bloquer adblock), nous avons découvert adtrap. Ce simple boitier filtre les publicités à la base d'une connexion internet et se présente de manière assez ironique comme un "libérateur" du web.

Le boitier Adtrap

Le boitier Adtrap

Comment fonctionne Adtrap?

Le boitier Adtrap se branche simplement à la racine même d'une connexion : sur la box, c'est un proxy embarqué dans un boitier. Plus besoin d'installer un plugin sur votre navigateur (moins de consommation de mémoire vive), tout sera filtré auparavant pour tous les appareils connectés à la box, ordinateurs, smartphone ou tablettes. (voir vidéo plus bas)

 

Adtrap : une communication bien huilée.

Lorsqu'on se rend sur le site d'adtrap, on ne peut s'empêcher de sourire devant ce modèle de l'altermondialisme du web. Décryptage des éléments qui ne laissent aucun doute sur qui ils sont réellement.

La charte graphique d'Adtrap

Très sobre, la couleur verte fait immédiatement penser au Green IT, à des valeurs actuelles telles que le développement durable ce qui est cool. Le look'n'feel du site est très épuré lui aussi, pas de contenu inutile, aéré, la page n'est pas trop longue et surtout, pas de pub.

Le Logo Adtrap

Le logo adtrap est tout un poème à lui seul : une plante carnivore. Là encore, on retombe sur des valeurs connues. La plante comme symbole de la nature, nature = développement durable. Le côté carnivore lui donne un côté agressif par nature mais au milieu de tout ces beaux messages en vert, ce n'est pas ce que l'internaute retient.

La communication vidéo d'Adtrap :

On trouve 3 vidéos sur le site d'adtrap, la première nous explique le fonctionnement du boitier. Premier constat, la publicité clignotante en début de vidéo est caricaturale de la publicité en ligne. Deuxième constat, tout au début, on peut y entendre "Ads are everywhere : our music, our movies, our browsing experience [...]". Si l'expérience de navigation appartient bien à l'internaute, c'est un peu moins vrai pour les deux premiers exemples, le présentateur pose le constat que le contenu culturel auquel il accède sur le web lui appartient. L'idée n'est pas de lancer un à propos de la propriété intellectuelle d'une œuvre déposée sur le web mais cette simple phrase en dit long sur la philosophie du copyright d'Adtrap. D'ailleurs, le slogan d'adtrap est : "the internet is yours again". Ce dont nous discuterons plus bas dans cet article.

 

Le business modèle d'Adtrap :

Derrière ses faux semblant de hippie sauveur de l'internet, il y a une société, BluePoint Security, Inc, qui orchestre tout d'une main de maître au point d'avoir fait un projet de crowfunding. Car effectivement, le but de cette société n'est pas de libérer le web comme ils le prétendent mais bel et bien de s'enrichir. Le symbole de la plante carnivore prend alors un tout autre sens.

 

Adtrap : complicité de vol?

Comme expliqué précédemment sur ce blog, la norme est à la gratuité sur internet, en apparence tout du moins. Le slogan "the internet is yours again" est mensonger car sans publicité, le web ne survivrait pas longtemps. La publicité sert à maintenir cette illusion du tout gratuit. Internet est un véritable paradoxe à ce niveau là car de nos jours, on achète des magazines dans lesquels la publicité est omniprésente, c'est également le cas dans les transports en commun qui sont eux aussi payant mais on refuse la publicité sur le web alors qu'il est entièrement gratuit, phénomène qu'on ne retrouve pas sur la télévision ou la radio, eux aussi gratuit.

Symbole de la lutte contre le piratage en ligne, Pascal Nègre argue depuis longtemps que le téléchargement en ligne vole les artistes mais à y regarder de plus près, peu de société se risquent à aider le téléchargement, que ce soit les sociétés qui créent des logiciels tout comme les régie publicitaires qui financent les sites de partage.

Qu'en est-il lorsqu'une société comme Adtrap propose de contourner la monétisation d'éditeur de site? Ne serait-ce pas comme aider quelqu'un à entrer par effraction? La question est ouverte, Adtrap n'est pas le premier à vouloir 'assainir' le web, les bloqueurs de publicité de type logiciel existaient déjà depuis de nombreuses années, d'autres solutions comme readability se sont développées tout dans l’intérêt de l'internaute. Mais une chose est sûre dans le cas d'Adtrap, quand Adblock Plus est gratuit et à 139$ le boitier, ces gens ne sont pas des philanthropes mais bien des destructeurs de valeur.

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Posted by Romain

Commentaires (4) Trackbacks (1)
  1. Formidable ! Il m’en faut un !

    • @Sab : L’article essaie d’expliquer en quoi Adtrap est néfaste à l’écosystème internet. Utiliser Adtrap, c’est avoir une vision à court terme, produire du contenu et des sites de qualité coûte cher. Adopter Adtrap, c’est la porte ouverte à une escalade de mesures contre ce type de dispositif. A terme, les sites n’auront d’autre choix que de refuser l’accès à leur site aux personnes munies de technologies anti publicité. Si tu veux dépenser 139$ pour bientôt ne plus pouvoir accéder à une partie du web, c’est ton choix mais Adtrap ne remboursera personne, de ça on peut être certains. 🙂

  2. Comparer le blocage de la pub à du vol, fallait oser!! tu n’as pas peur… C’est aussi stupide que de dire que d’aller pisser pendant la pub à la tv c’est du vol.

     » sans publicité, le web ne survivrait pas longtemps. »
    Le Web et encore moins Internet n’ont pas attendu la pub pour exister.

    Oui que les sites qui veulent se rémunérer fassent payer leur service, s’ils n’ont pas assez de clients ça sera que leur service ne sera pas à la hauteur.

    Ca fera un beau ménage sur le Web, nous rééduquera sur notre façon de naviguer, et pour le coup à propos d’écologie sûrement beaucoup moins de consommation énergétique inutile.

    Ensuite que des boîtes fassent du business et de la pub sur ça c’est limite malhonnête dans le paradoxe. Il en est de même pour Adblock Plus qui se fait payer par les plus gros comme google pour laisser passer leur pub, ça ressemble à du racket dangereux pour le web et on peut se demander de quel droit ils choisissent à la place des utilisateur.
    Bonne raison pour plutôt choisir Adblock Edge qui lui filtre tout et laisser les utilisateurs choisir.

    • Attention à bien comprendre le sens de cet article, la seule fois ou on parle de ‘vol’ dans cet article, c’est sous forme de question ou quand on cite Pascal Nègre connu pour ses raccourcis du type : « télécharger des MP3 et des Divx, c’est comme voler une baguette de pain ». Les éléments qui sont soulignés dans cet article sont :
      Le paradoxe des internautes qui ne veulent pas payer même indirectement (cf. dernière partie de l’article Web vs RATP/Magazine)
      la destruction de valeur et le danger pour la pérennité des sites.

      Et encore, ce n’est pas seulement de la destruction de valeur puisque Adtrap s’enrichira au dépend des éditeurs. Double paradoxe puisqu’un internaute ne voudra pas forcément payer directement pour un site, (ou indirectement via la publicité) mais paiera directement Adtrap pour ne pas avoir de pub, indirectement, il paie pour ne pas avoir de pub, autant payer directement les éditeurs de site ce qui est ingérable tellement il y a de site, je ne rentre pas dans la polémique de la licence globale mais elle pourrait également s’appliquer au site de contenu. (C’est le cas des gens qui prennent des VPN pour échapper à la Hadopi, payer pour avoir du contenu pirate, autant payer directement les auteurs)

      Vouloir rééduquer les gens sur le web est utopique, pourquoi? Car (et il faut l’accepter), la norme est au gratuit sur le web. Il y a un réel risque à supprimer toute la publicité du web car aujourd’hui, le site les plus influents (je ne dis pas les meilleurs) sont gratuits en contrepartie de publicité. Prenons l’écosystème Google comme cas d’école avec ses nombreux services : recherche, boite mail, stockage en ligne, etc. Sans publicité, Google n’offrirait jamais gratuitement un panel aussi large de services et peu de gens seraient prêts à payer pour ces prestations car, je le répère et c’est un fait, la norme est au gratuit sur le web.

      Si ‘demain’ Google rendait ses services payant mais sans publicité, tu peux être sûr que les gens migreront à 99% vers des modèles gratuits avec de la publicité. Le tout n’est pas de savoir si les gens sont prêts à payer mais de savoir quel pourcentage de la masse des internautes est prête à payer. Et la majorité préfèrera toujours le pseudo-gratuit, les sociétés étant là pour faire de l’argent, il y a plus d’intérêt à travailler sur ces 99% que sur la niche de 1%.

      Et ce n’est pas une question de qualité de service comme tu le dis, un service peut être de très bonne qualité mais il peut également ne pas avoir une masse d’utilisateurs critiques pour se passer de publicité, à ce sujet, je te conseille de regarder deux modèles de presse s’y essayant tant bien que mal :
      PcInpact Ce site fait plusieurs millions de visiteurs uniques et proposent un modèle payant mais actuellement, seul le modèle hybride (pub + abo) leur permet de survivre et ce n’est pas une question de qualité de contenu.
      Même constat pour la chaine de télé Nolife. Contenu reconnu par tous les spécialistes mais dépendance à la publicité + abonnement.

      A notre époque, seul le Times se permet une version payante exclusive. D’autres enjeux entrent en ligne de compte pour les sites médias telle que la mesure d’audience. Un site payant attirera nécessairement moins d’audience qu’un site gratuit, l’audience pour un groupe de presse ne conditionne pas seulement les revenus.

      Pour conclure, Adblock Plus bloque bien les publicités Google et permet également de sélectionner les éléments filtrables.


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